Café-Jasette

lundi 11 novembre 2013

Une brève histoire de soi : de Delphes à Thomas d'Aquin

Les conférences Café-jasette vous proposent le vendredi 6 décembre, à partir de 18h30, au café La Petite Cuillère (3603 Saint-Denis, Métro Sherbrooke) une conférence intitulée :"une brève histoire de soi : de Delphes à Thomas d'Aquin."
La conférence sera donnée par Karine Saint-Gelais, détentrice d'une maîtrise en philosophie de l'Université de Montréal.




Du fronton du temple d'Apollon à Delphes jusqu'aux textes de philosophes médiévaux et modernes, la sentence du "connais-toi toi-même" jouit d'une grande renommée.
En plus d'expliciter le sens de cette maxime, qui ne correspond pas nécessairement à l'idée que l'on s'en fait aujourd'hui, Karine Saint-Gelais montrera en quoi elle a influencé les premiers écrits de la connaissance de soi, pour ensuite donner une idée générale de ce qu'est la connaissance de soi, et ce, chez certains philosophes choisis, c'est à dire Platon, Augustin, Avicenne et Thomas d'Aquin.




La conférence sera suivie par une période de questions et de débats avec le public

L'entrée est libre et gratuite!

Bières, vin, boissons chaudes, tartines et sandwiches en vente sur place à La Petite Cuillère.

jeudi 16 mai 2013

Enregistrement de la conférence d'Yves-Marie Abraham

Vendredi 14 septembre 2012, Yves-Marie Abraham était à Café-jasette, pour nous parler de décroissance soutenable.
Extrait du "Petit vade mecum de l'objecteur de croissance", par Yves-Marie Abraham :
"En résumé, la décroissance est un appel à rompre radicalement avec les modèles de société « croissancistes », que ces modèles soient de « droite » ou de « gauche », et à inventer de nouvelles manières de vivre ensemble, vraiment démocratiques, respectueuses des valeurs d'égalité et de liberté, fondées sur le partage et la coopération, et suffisamment sobres sur le plan matériel pour être durables."

Enregistrement de la conférence de Jean-Pierre Couture

Vendredi 10 mai, Jean-Pierre Couture était à Café-jasette pour nous présenter une conférence sur les Nouveaux Visages du nationalisme conservateur au Québec.

 Jean-Pierre Couture, professeur à l'école d'études politiques de l'Université d'Ottawa, est revenu sur le contexte et le "pourquoi" de la rédaction de son livre, Les Nouveaux visages du nationalisme conservateur au Québec, co-écrit avec Jean-Marc Piotte.En gardant un lien avec l'actualité, comme par exemple la réforme de la loi 101, le débat sur l'enseignement de l'histoire ou encore les tenants du nationalisme conservateur dans les médias d'opinion, l'auteur a partagé avec le public ses réflexions sur les tournants identitaires du mouvement indépendantiste au Québec.

Voici, ci-dessous, le lien vers l'enregistrement de la conférence pour celles et ceux qui l'auraient loupée, ou qui voudraient la réécouter.
https://soundcloud.com/caf-jasette/caf-jasette-le-nationalisme

Enregistrement de la conférence de Marcos Ancelovici

Vendredi 19 avril, Marcos Ancelovici était à Café-jasette pour nous présenter une conférence sur les mouvements sociaux et la répression policière au Québec.

Voici, ci-dessous, le lien vers l'enregistrement de la conférence pour celles et ceux qui l'auraient loupée, ou voudraient la réécouter.

https://soundcloud.com/caf-jasette/caf-jasette-mouvements-sociaux

mardi 7 mai 2013

La communication NonViolente et consciente

Les conférences Café-jasette vous proposent le jeudi 16 mai, à partir de 19h30, au café La Petite Cuillère (3603 Saint-Denis, Métro Sherbrooke) une conférence sur la communication NonViolente et consciente.



Café-jasette recevra pour cette soirée Jean-Yves Lagasse de Locht, doctorant en droit à l'université de Sherbrooke. 

Voici comment il présente les principes essentiels de la communication NonViolente : 

"Entre ce que je pense, Ce que je veux dire, Ce que je crois dire, Ce que je dis réellement, Ce que tu veux entendre, Ce que tu entends, Ce que tu crois comprendre, Ce que tu veux comprendre, Et ce que tu comprends réellement, Il y a neuf possibilités de ne pas s’entendre! 
Mais en écoutant ce que tu vis au-delà de ce que tu veux dire et en exprimant ce que je vis au-delà de ce que je veux dire, il y a une manière de communiquer qui ouvre des fenêtres..."

La conférence sera suivie par une période de questions et de débats avec le public

L'entrée est libre et gratuite!

Bières, vin, boissons chaudes, tartines et sandwiches en vente sur place à La Petite Cuillère.






mardi 16 avril 2013

Le nationalisme conservateur au Québec

Les conférences Café-Jasette vous proposent le vendredi 10 mai, à partir de 19h, au café La Petite Cuillère (3603 St-Denis, métro Sherbrooke), une conférence sur les nouveaux visages du nationalisme conservateur au Québec. 



Café-Jasette recevra pour cette soirée Jean-Pierre Couture, professeur à l'école d'études politiques de l'Université d'Ottawa, qui reviendra sur le contexte et le "pourquoi" de la rédaction de son livre, Les Nouveaux visages du nationalisme conservateur au Québec, co-écrit avec Jean-Marc Piotte.
En gardant un lien avec l'actualité, comme par exemple la réforme de la loi 101, le débat sur l'enseignement de l'histoire ou encore les tenants du nationalisme conservateur dans les médias d'opinion, l'auteur partagera avec le public ses réflexions sur les tournants identitaires du mouvement indépendantiste au Québec.

La conférence sera suivie par une période de questions et de débats avec la salle.

Entrée libre et gratuite!
Bières, vin, boissons chaudes, tartines et sandwiches en vente sur place à La Petite Cuillère.

jeudi 4 avril 2013

Mouvements sociaux et répression policière au Québec

Les conférences Café-Jasette vous proposent le vendredi 19 avril, à partir de 19h, au café La Petite Cuillère (3603 St-Denis, métro Sherbrooke) une conférence sur les mouvements sociaux et la répression policière au Québec.




La conférence sera donnée par Marcos Ancelovici, professeur au département de sociologie de McGill et sera suivie par une période de questions et de débats avec le public.

Entrée libre et gratuite!
Bières, vins, boissons chaudes, sandwiches et tartines en vente sur place à la Petite Cuillère.





mardi 26 mars 2013

Justice, torture et exécution au XVIIIe siècle

Les conférences Café-Jasette, en partenariat avec Historia Montrealis (regroupement des étudiants de cycles supérieurs en histoire de Montréal), vous proposent le vendredi 5 avril, à partir de 19h, au café La Petite Cuillère (3603 St-Denis, métro Sherbrooke), deux conférences. La première intitulée : "Justice, torture et exécution au XVIIIe siècle" sera données par Étienne De Sève, doctorant en histoire à l'UQAM. La seconde, présentée par Tyson Lowrie, portera sur les "Inspirés" au début du XVIIIe siècle, à Londres.




Étienne De Sève nous parlera de la procédure judiciaire et des peines réservées aux grands criminels français à la fin du XVIIIe siècle. Le conférencier traitera d’une période mouvementée de la fin de l’Ancien Régime, soit d’un moment où les juges parisiens subissaient des attaques calomnieuses de pamphlétaires décriant l’incompétence des officiers de justice du Roi. 

Tyson Lowrienous proposera ensuite une étude de cas d'un groupuscule religieux basé à Londres, qui gravitait autour de trois "prophètes" français et protestants, connus aussi sous le nom d''Inspirés". Se prétendant en contact direct avec Dieux, ils finirent par regroupêr plusieurs centaines de fidèles autour de séances où ils faisaient montre de leurs dons prophétiques. Surnommés les "Frenc Prophets" par leurs détracteurs, ce groupe, grâce à leurs expériences mystiques à l'appui d'une autorité prise directement de Dieu, se faisait le chantre d'un millénarisme apocalyptique, annonçait la damnation des impies et prêchait un égalitarisme radical. Leur mouvement provoqua d'importantes controverses de 1706 à 1710.


L'entrée est libre et gratuite! Bières, chocolats chauds et plats chauds, locaux et bios en vente sur place!


samedi 2 mars 2013

Histoire des femmes au Québec et sous la République de Weimar

Les conférences Café-Jasette vous proposent le vendredi 8 mars, à partir de 18h30, au café La Petite Cuillère (3603 St-Denis, métro Sherbrooke), deux conférences pour célébrer la Journée Internationale des Femmes.

En partenariat avec Historia Montrealis (regroupement des étudiants de cycles supérieurs en histoire de Montréal) Café-Jasette recevra Denyse Baillargeon et Rosemarie Schade, toutes deux historiennes des femmes.



Denyse Baillargeon, professeure titulaire au département d'histoire de l'Université de Montréal, viendra nous parler de son livre Brève histoire des femmes au Québec.

Rosemarie Schade, professeure au département d'histoire de l'université Concordia présentera une conférence en anglais sur l'histoire des femmes sous la République de Weimar.

Entrée libre et gratuite!
Bières, vins, boissons chaudes, sandwiches et tartines en vente sur place à la Petite Cuillère.




mercredi 13 février 2013

"Idle know more!" : histoire des revendications autochtones au Canada

Les conférences Café-Jasette vous proposent le jeudi 28 février, à partir de 19h, au café La Petite Cuillère (3603 St-Denis, métro Sherbrooke), une conférence sur l'histoire des revendications autochtones au Canada.




Brian Gettler, titulaire d'un doctorat en histoire, viendra discuter de l'histoire des mouvements et des revendications autochtones. Il insistera essentiellement sur une mise en contexte de quelques éléments de l'actualité.

L'entrée est libre et gratuite! 

mardi 15 janvier 2013

De la cuisine au studio

Les conférences Café-Jasette vous proposent le jeudi 31 janvier, à partir de 19h, au café La Petite Cuillère (3603 St-Denis, métro Sherbrooke), une rencontre avec Anna Lupien, auteure du livre De la cuisine au studio.



De la cuisine au studio explore les parcours de douze artistes issues de trois générations différentes : femmes signataires du manifeste Refus global en 1948, premières cinéastes qui ont œuvré à l’ONF dans les années 1970 et artistes médiatiques impliquées au Studio XX. À partir d’entrevues avec les artistes, Anna Lupien pose un regard sociologique sur l’expérience de créatrices qui ont investi l’art en tant qu’espace d’expression dans la sphère publique.


L'auteure et les éditions Remue-Ménage animeront un débat autour des thèmes abordés dans le livre.

L'entrée est libre et gratuite.

Le livre sera vendu sur place à prix promotionnel par la librairie Coop-UQAM.

mardi 8 janvier 2013

Living the Revolution

À ne pas manquer, jeudi 17 janvier, à partir de 17h, à l'université McGill, pavillon Leacock, local 232, une conférence de Jennifer Guglielmo (Associate Professor of History, Smith College)  intitulée :


Voici un résumé de la conférence :

Jennifer Guglielmo (Associate Professor of History, Smith College), will discuss her recovery of the histories of activism of working-class Italian immigrant women anarchists in the United States as a window into the world of early twentieth-century transnational feminism. Emerging from a diasporic, multi-ethnic network of labor radicals, the women in this movement did not seek inclusion within the modern nation-state; nor did they rely on established trade unions or cross-class alliances. Instead, they created autonomous spaces for working-class and poor women to articulate their particular struggles and embody l'emancipazione della donna (women’s emancipation). Together, they asked a question that formed the heart of their politics: “Why does the pleasure of some have to create misery for many?”

Pour toute information veuillez contacter : Amanda.ricci@mail.mcgill.ca

vendredi 21 décembre 2012

Novembre veut ma peau

Les conférences Café-Jasette vous proposent, le vendredi 18 janvier 2013, à partir de 19h, au café La Petite Cuillère (3603 St-Denis, métro Sherbrooke) une rencontre avec Hélène Rompré, l'auteure du roman Novembre veut ma peau.


Novembre. Montréal est gris, froid, imprévisible. Un mois où l'on voudrait changer de vie.
Dans son univers bien rangé, Mathilde s’ennuie et attend un mari qui ne vient pas. L’amour qui ne s’annonce jamais, même si c’est injuste. C’est décidé, le temps file trop vite: elle épousera le premier candidat venu.
Carmen est également résolue. Fini les aventures sans lendemain. Persévérance, sobriété, vertu. La jeune femme ne dissipera plus sa jeunesse dans les pires clubs. Elle sourira même à son coloc en le croisant dans le corridor.

Programme de la soirée :

-Présentation de l'auteur et lecture d'extraits

-Micro ouvert, lectures thématiques sur l'amour, l'impact des saisons sur l'homme ou n'importe quel thème du roman.

-Le livre sera en vente sur place à prix promotionnel par la librairie Coop-UQAM.

lundi 5 novembre 2012

Et si le crime nous concernait tous?

Les conférences Café-Jasette vous proposent, dans le cadre de la semaine de la justice réparatrice, le mercredi 21 novembre, dès 19h, au café La Petite Cuillère, 3603 St-Denis, une conférence intitulée : "Et si le crime nous concernait tous? témoignage d'une victime et d'un ex-détenu".




Faire justice réparatrice, c'est voir et aborder les crimes et les conflits principalement comme des torts faits à des personnes et à des relations (extrait de la définition du Service correctionnel du Canada).
La justice réparatrice s’intéresse autant aux agresseurs pour les aider à une prise de conscience de l’impact de leurs actes sur des personnes et sur la société, qu’aux victimes pour les aider à se libérer des charges affectives destructives causées par l’acte criminel. Elle a un impact communautaire important en resserrant le tissu social par la responsabilisation et la compréhension mutuelle des parties.
Il s'agit donc d'une perspective différente de la justice pénale.
La justice pénale se définit comme une atteinte à l'État tandis que la justice réparatrice vise la restauration du lien social que le crime a brisé.
Pour en savoir plus : http://www.csjr.org/
La conférence sera animée par Fabien Torres,  Sylvie Vanasse et Daniel Benson.


L'entrée est libre et gratuite, les contributions sont volontaires pour soutenir cette association dans son travail. On fait passer le chapeau!

mardi 16 octobre 2012

L'innocence des musulmans, ou comment le Moyen Âge a fait les manchettes à votre insu

Les conférences Café-Jasette vous proposent le vendredi 26 octobre, dès 19h, une conférence intitulée : ""l'innocence des musulmans", ou comment le Moyen Âge a fait les manchettes à votre insu".




Bernard Ducharme va aborder pour Café-Jasette les origines médiévales du fondamentalisme chrétien derrière ce film.

Ainsi, du VIIe siècle au XVIIe siècle, de Jean Damascène à Pedro Aznar Cardona, en passant par Riccoldo de Montecroce et Martin Luther, les critiques formulées par les Chrétiens à l'encontre de l'Islam sont répétitives, presque monotones. Les méthodes pour connaître l'Islam se ressemble, les auteurs se citent les uns les autres, ils répètent les même demi-vérités, les mêmes fables, les mêmes insultes. Mais tout cela, c'est du passé, serait-on tenté de croire. Si c'est le cas, internet est une véritable machine à voyager dans le temps. Sur les forums de discussion religieuse, les débats renouent avec les argumentations qu'échangent chrétiens et musulmans depuis des siècles. Et sur YouTube, la bande-annonce d'un film que personne ne semble avoir jamais vu provoque scandales, émeutes, et morts. Nous allons présenter les ressemblances et les différences entre ce film et les traités anti-musulmans du Moyen Âge et de l'époque moderne, et poser la question: comment se fait-il que ces traités médiévaux, aujourd'hui oubliés, se soient retrouvés sur nos écrans?

Pour vous donner une idée des thèmes abordés lors de la conférence, voici l'entrevue téléphonique de Bernard Ducharme avec :  Radio-Canada.





La conférence sera donnée par Bernard Ducharme, doctorant en histoire à l'Université de Montréal. Après une demi-heure de présentation, Café-Jasette vous propose un temps de débat et questions autour du film et du reste!

L'entrée est libre et gratuite, les contributions sont volontaires pour remercier le conférencier de son travail. On fait passer le chapeau!

dimanche 14 octobre 2012

Briser la glace


Il y a t-il meilleur sujet de conversation que le sport?  Simple, neutre et populaire, aucune raison que ça se passe mal, non? Pour la dernière partie du dossier d'Espace Public consacré au sport, M.,  nous démontre tout l'intérêt du sport comme lubrifiant social.


Briser la Glace


True story…

J’ai un client assis à côté de moi, je décide de faire la conversation pour tisser des liens, faire du PR comme on dit.
-      Vous venez d’où?
-      De Québec
Je me rappelle alors qu’Andrée Boucher vient d’être élue mairesse de notre capitale nationale. Supposant que mon dégoût est universel, J’enchaîne :
-      Ah oui? Moi je ne comprends pas ce qui se passe dans votre coin de pays. Avec les radios poubelles et la mairesse Boucher, je me demande vraiment ce qui se passe avec les gens de Québec.
-      J’ai fait parti de l’équipe électorale de Mme Boucher quand elle est devenue mairesse de Sainte-Foy…
Malaise…
Première leçon de PR, ne jamais parler de politique avec un client, à moins de savoir ce qu’il va dire. Non, je n’ai pas perdu le client : en fait, il m’a admis qu’il trouvait que Mme Boucher avait dérapé depuis son premier mandat et qu’elle était devenue, somme toute, mégalomane. Je l’ai échappé belle!
            Reste que s’il peut sembler évident que ce genre d’intervention polémique est généralement mal venue dans les relations d’affaires, l’éventail des sujets abordables lors d’échanges rapides peut rapidement devenir lassant. La température?
– Il fait beau hen?
– Il va pleuvoir demain.
– Avez-vous profité du beau temps cette fin de semaine?

            Vraiment le meilleur moyen de donner l’impression à quelqu’un qu’on n’a pas vraiment envie de jaser. Quand à moi, c’est plutôt un outil repoussoir pour éviter que la conversation se développe. Quelque chose de plus personnel? Le travail? La famille?

-      Vous faites quoi dans la vie?
-      Ça va bien au travail?
-      Vous avez des enfants? Ils ont quel âge?
Ou le très simple
-      Comment va la vie?
Meilleur moyen pour que votre patron, qui est dans sa crise de la quarantaine, vous parle de la décapotable qu’il vient d’acheter. À moins de s’y connaître en voiture, difficile de porter le ballon.
            Alors, en toute autorité, je me propose de vous expliquer comment aborder quelqu’un que l’on ne connaît pas : il faut trouver un sujet de conversation susceptible de stimuler les passions de votre interlocuteur (et possiblement la vôtre), tout en évitant les polémiques embarrassantes. On évite donc :
-      Pour moi, les Amish, c’est des gens qui aiment trop l’Halloween.
-      Je m’excuse, mais les juifs d’Outremont, ils conduisent mal.
-      Les délinquants, maintenant, on les laisse partir avec une petite tape sur les doigts, en leur disant de pas recommencer… Moi je suis pour la peine de mort!
-      Vous vous êtes fait checker les seins récemment? Il paraît que vous avez l’âge où les tumeurs apparaissent.
(Je ne vous dirai pas lesquelles de ces conversations j’ai dû soutenir…)
            Pour éviter les situations embarrassantes, parce qu’on n’est jamais à l’abri d’un manque de jugement qui nous met dans l’embarras, je vous suggère plutôt de parler de sport professionnel… Eh oui! Que vous aimiez ou non, difficile de trouver plus efficace pour toucher la fibre émotionnelle de quelqu’un sans risquer de le froisser aussi facilement qu’en parlant des Canadiens de Montréal, des Red Sox de Boston ou des Cowboys de Dallas. Je dirais même plus, si vous faites du PR à l’étranger, vous devriez en apprendre sur les résultats des équipes professionnelles dans la ville où vous allez :
-      Qu’est-ce que vous pensez du lock-out?
-      Vous pensez que les Red Sox vont faire mieux la saison prochaine?
-      Vous saviez que Pedro Martinez était à Montréal avant?
Avec le sport, même les blagues, les polémiques et les taquineries passent bien :
-      Pis, Lance Armstrong, drogué?
-      Savez-vous ce qu’on a à Montréal que vous avez pas à Toronto? Des photos en couleur de la coupe…
-      Jacques Demers est sénateur.
Une fille m’a déjà avoué qu’elle abordait des gars en leur demandant :
-      Pas fort ces-temps-ci Kovalev? (oui, ça fait quelques années)
Et dire que la LNH s’apprête à nous enlever un des seuls sujets passionnels disponibles pour briser la glace avec nos concitoyens…

Mais attention! Il paraît que les amateurs de soccer se battent et, parfois, se tuent, alors ne me tenez pas responsable si vous appliquez mes conseils avec trop de zèle. Les Européens et les Sud-Américains, ils sont d’une autre culture…

M.

vendredi 12 octobre 2012

Sport et nation

Dans ce deuxième volet du dossier d'Espace Public consacré au sport, Guillaume Tremblay traite des liens entre sport et nation. Couple improbable ou alliés naturels?  Le sport, activité internationale, arrive-t-il vraiment à transcender la nation? ou la construit-elle?


Sport et nation




« En des temps si lointains qu'les franco s'appellaient Canadiens
À une époque où les pucks étaient faites de crottin
On a réuni des hommes dont le destin commun est comme un film sans fin
En Technicolor, et tricolore :
Bleu comme le St-Laurent
Blanc comme l'hiver
Rouge comme le sang qui nous coule à travers
Le corps de l'équipe c'est le coeur de la nation
Et chaque année, faut clore avec une célébration »

- Loco Locass, Le but

L’idée de lier, de traiter conjointement nation et sport est loin d’être nouvelle. Le sport souvent s’incarne comme symbole politique, comme espace identitaire, comme point de rencontre diplomatique. Qu’on pense à la Série du siècle en pleine Guerre froide, à la demi-finale olympique de water-polo opposant, en 1956, Hongrie et Union soviétique (le fameux « Bain de sang ») dans la foulée de l’insurrection de Budapest, à la « Guerre du football » entre le Salvador et le Honduras, ou encore, qu’on pense au mythe du Rocket chez les Québécois ou à la victoire de l’Afrique du Sud lors de la coupe du monde de rugby en 1995, les exemples de rapprochements divers entre sport et nation ne manquent pas. Mais pourquoi un tel rapprochement ? Après tout, le sport est éminemment international, au sens où on le retrouve partout à travers le monde, au sens où il n’est pas l’apanage d’une identité nationale unique; il est aussi éminemment transnational, principalement avec la commercialisation du sport où les impératifs de victoires entrainent la majorité des équipes à recruter les meilleurs joueurs possible, d’où qu’ils viennent. Pourquoi, alors, le couple sport et nation est-il si évident ?
            Notons d’emblée que cette adéquation s’effectue à trois niveaux : chez l’individu d’abord,  par projection de  lui-même sur les sportifs  représentant la nation ou par projection des valeurs associées à la nation sur les équipes ou leurs représentants ; ensuite, au niveau étatique/médiatique où le sport devient un vecteur de propagande patriotique et/ou commerciale en jouant sur les sentiments d’appartenance et le désir d’émulation ; et enfin, simplement, au niveau structurel alors que la pratique du sport elle-même est, aux plus hauts niveaux – donc aux niveaux les plus médiatisés – organisée en des termes nationaux : équipes nationales, compétitions internationales. C’est principalement sur le deuxième niveau que nous allons nous pencher.
            Le monde du sport repose sur un complexe de valeurs que l’on retrouve, à des degrés divers, d’une discipline à l’autre ou qui parfois sont le propre de disciplines spécifiques. Arjun Appadurai parle de « forme culturelle dure » pour expliquer cet ensemble de liens entre valeurs, sens et pratique qui est difficile à briser ou à transformer et qui est, selon l’anthropologue,  jusqu’à un certain point le propre de tout sport régit par une série de règles. Cette forme culturelle dure est présente dans ces espaces sportifs « qui en viennent à contenir les valeurs morales centrales de la société qui les a produits. »[1] De là, il n’y a qu’un pas pour dire qu’à bien des niveaux, sports et nations partagent de nombreuses valeurs ou, pris d’une autre manière, un appareil symbolique partagé. Et ce lien symbolique fait assurément le jeu des États.
En effet, avec le sport et sa (sur)médiatisation, on baigne assurément dans le monde du symbole, de la métonymie perpétuée match après match. Tous les intervenants du milieu du sport, consciemment ou inconsciemment construisent, maintiennent et reproduisent ce lien entre sport et nation. Ceci est particulièrement flagrant dans les organismes officiels comme Sport Canada (et ses équivalents ailleurs sur la planète) et dans le monde des médias qui raffole de ce « nation building » que sont les Olympiques, le Mondial de soccer ou même les séries de la Coupe Stanley où les équipes canadiennes méritent toujours plus d’attention. Et cette multiplication de liens symboliques, forcée ou non, renvoient à une certaine construction identitaire.
Traitant du cas spécifique du Canada et du hockey, Tony Patoine écrit :

On dira donc que le hockey contribue à la construction nationale à tous les niveaux. C’est-à-dire qu’il participe, en première ligne, à la création d’une identité canadienne, d’une unité canadienne et d’un imaginaire national canadien, donc qu’il est partie prenante de la mythologie et de l’idéologie canadienne.[2]

Cette relation est dialogique, chacune des deux parties renvoyant à l’autre. On peut constater cette relation en suivant une fois de plus l’exemple canadien. En 2004, CBC lance un concours/sondage à l’échelle du pays visant à déterminer le plus grand (au sens d’important ou de significatif) Canadien de tous les temps. Le concours intitulé The Greatest Canadian – réalisé sans la participation de Radio-Canada, réduisant donc de manière significative la voix francophone dans la représentation de la « canadienneté », et imposant par le fait même une certaine vision de la nation – compte parmi ses dix finalistes trois personnalités du monde du sport. Trois sur dix ! Passons outre le fait qu’aucune femme ne se retrouve parmi les finalistes, qui ne comptent d’ailleurs qu’un seul Québécois, P-E Trudeau de surcroît, il semble particulièrement significatif qu’un concours visant à déterminer la personne qui incarne de la façon la plus admirable les valeurs de la nation canadienne ait 30 % de « sportifs » parmi ses finalistes (Wayne Gretzky, Don Cherry et Terry Fox).           
            Il faut dire que dans le lien symbolique unissant sport et nation et qui sert la propagande étatique, il est commode de jouer sur la personnification. Soit, plus encore que l’idée de faire paraître l’athlète comme un modèle à suivre pour le peuple par les valeurs qu’il (soit-disant) incarne (détermination, abnégation, courage, discipline, etc.), l’idée que l’athlète (ou l’équipe) incarne directement les valeurs de la nation, qu’il symbolise la nation même. Encore une fois, on est dans la métonymie. Ce qui rejoint pleinement les propos de Georges Minois parlant des héros, de leur construction, « Le grand homme que l’on vénère n’est jamais l’homme tel qu’il a vécu, avec ses défauts, ses petitesses, ses banalités. Ce que l’on vénère, c’est son image, celle qu’il a forgée avec son entourage et que la société accepte… »[3] Sport et nation construisent l’image l’un de l’autre.

Guillaume Tremblay


[1] Arjun Appadurai, Modernity at Large. Cultural Dimensions of Globalization, University of Minnesota Press, Minneapolis, 1996, p. 90.
[2] Tony Patoine, « “On est Canayen ou ben on l’est pas”. Hockey, Nationalisme et identités au Québec et au Canada » dans Normand Baillargeon et Christian Boissinot, La vraie dureté du mental. Hockey et Philosophie, PUL, Québec, 2009, p. 15.
[3] Georges Minois, Le culte des grands hommes : des héros homériques au star system, Louis Audibert, Paris, 2005, p. 9.

jeudi 11 octobre 2012

Le sportif, le flic et l’argent

Café-Jasette présente aujourd'hui un nouveau dossier d'Espace Public, consacré cette fois-ci au sport.

Ici Mehdi Dallali s'intéresse aux liens entre sport, pouvoirs public et argent. Quelles ont-été leurs relations à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle? quel modèle nous a-t-il été offert par le sport professionnel? et est-il à rejeter ou à conserver, face à une société que l'auteur choisi de présenter comme "malade du sport"?



Le sportif, le flic et l’argent


La détermination des juges dans la lutte contre la corruption, sans doute le fait politique majeur de ces dernières années, est le revers de l’incapacité de l’État administratif à imposer ses valeurs et son arbitrage[1].

Le vote, en 2006, par le parlement britannique du « London Olympic Games Act » a assuré le transfert d’une partie des pouvoirs régaliens du Royaume-Uni au Comité International Olympique (CIO). Celui-ci, ainsi que le comité organisateur, ont disposé d’agents de la force publique chargés de faire respecter la propriété intellectuelle de la marque « olympique ». À leur actif, entre autres, la fermeture d’un « Olympic  Kebab», l’interdiction de porter des T-shirts « Pepsi », Coca-Cola commanditant les épreuves, et le retrait des vidéos de campagne de Barack Obama et Mitt Romney mentionnant les Jeux Olympiques de Londres[2].

Cette délégation des pouvoirs de l’État aux instances sportives, par le biais de la propriété intellectuelle, pose immanquablement la question de sa pertinence. Pourquoi donner un blanc-seing à un CIO éclaboussé de manière récurrente par la corruption? Face à un monde sportif qui ne semble pas réussir à éliminer le dopage, qui s’organise même pour le minimiser ou le dissimuler, comme l’illustre les irrégularités des contrôles menées sur Lance Armstrong ; le retrait de l’État est-il là aussi à remettre en cause ?

Ne sommes-nous pas ainsi confrontés à une société, voire une civilisation, malade du sport ? L’exemple des J.O d’Athènes en 2004 illustre ce détournement de l’intérêt public. Ces olympiades ont en effet coûté neuf milliards d’euros au pays pour construire vingt-deux installations, dont vingt sont actuellement abandonnées faute de moyens[3]. Tout en faisant progresser la dette grecque, les travaux ont fait fuir les touristes, importante source de revenus du pays. Que reste-t-il donc sinon la gloire ? Or, tirer un prestige de l’organisation de J.O, comme du retour d’une équipe de hockey dans une ville, illustre le seul intérêt électoraliste d’un État malade.

Cette aliénation tient dans le dernier refuge du sacré que serait devenu le sport. Ce  dernier est ainsi devenu une « contre-société » idéale, inspirant une mythologie où n’aurait place qu’un idéal démocratique et pur face à l’effort sportif[4]. C’est bien la justice pourtant, et non les instances sportives, qui en 1998 a révélé les pratiques de dopage au sein du milieu cycliste. Ces révélations ont montré l’ampleur d’un phénomène touchant tant les milieux professionnels, que les milieux amateurs, sans pressions financières. La logique sportive d’amélioration de la performance à tous prix, brouille naturellement la frontière entre triche et entraînement scientifique. C’est ce véritable problème de santé publique, trahison structurelle d’idéaux sportifs contradictoires, qui impose, non pas un désengagement de l’État et une utilisation de la justice pour les intérêts des instances sportives, mais un vrai renversement de la logique appliquée au sport dans nos sociétés.

Un sport au service de la société, présentant tant une occasion d’épanouissement du sportif que de spectacle appelle un retrait des fonds privés, des sponsors dans le sport. La fin du sport professionnel implique une réduction des investissements publics dans un gigantisme servant les intérêts privés et un nationalisme de bas étage. C’est aussi moins d’argent dépensés dans la course aux produits dopants et « masquants ».

Oui également à un encadrement médico-légale des pratiques sportives, face à un milieu sportif incapable de cette rigueur. Il faut donc l’affaiblir et l’encadrer, ne plus permettre qu’il soit un « milieu » à part dans nos sociétés, pour le sauver de lui–même et éviter qu’il ne les affaiblisse.



[1] SALAS, D., « La République saisie par le justice », Le Monde, 18 septembre 1998, dans VIGARELLO, G., « Le sport dopé », Esprit, Janvier 1999, p.92.
[4] VIGARELLO, G., « Le sport dopé », Esprit, Janvier 1999, p.83.




dimanche 30 septembre 2012

Panoramix 2.0 : le druidisme à l'ère de facebook

La conférence de ce soir est annulée et reportée à une date ultérieure.




Les conférences Café-Jasette vous proposent le vendredi 12 octobre, dès 19h , au café La Petite Cuillère, 3603 St-Denis, une conférence intitulée : "Panoramix 2.0 : le druidisme à l'ère de facebook."









La conférence sera donnée par Nicolas Boissière, doctorant en anthropologie à l'UQAM.

L'entrée est libre et gratuite, les contributions sont volontaires pour remercier le conférencier de son travail. On fait passer le chapeau!

mardi 18 septembre 2012

Vidéos de la conférence d'Yves-Marie Abraham

Voici l'enregistrement de la conférence du vendredi 14 septembre 2012 intitulée : qu'est-ce que la décroissance soutenable? Yves-Marie Abraham, professeur à HEC Montréal, était venue à La Petite Cuillère pour nous parler de ce mouvement, de sa critique de la croissance, des contre-arguments qui étaient adressées à la décroissance et des différents programmes et pistes pour la mettre en place.

En raison de la durée de l'enregistrement, celui-ci a été divisé en quatre.