Café-Jasette

mardi 15 janvier 2013

De la cuisine au studio

Les conférences Café-Jasette vous proposent le jeudi 31 janvier, à partir de 19h, au café La Petite Cuillère (3603 St-Denis, métro Sherbrooke), une rencontre avec Anna Lupien, auteure du livre De la cuisine au studio.



De la cuisine au studio explore les parcours de douze artistes issues de trois générations différentes : femmes signataires du manifeste Refus global en 1948, premières cinéastes qui ont œuvré à l’ONF dans les années 1970 et artistes médiatiques impliquées au Studio XX. À partir d’entrevues avec les artistes, Anna Lupien pose un regard sociologique sur l’expérience de créatrices qui ont investi l’art en tant qu’espace d’expression dans la sphère publique.


L'auteure et les éditions Remue-Ménage animeront un débat autour des thèmes abordés dans le livre.

L'entrée est libre et gratuite.

Le livre sera vendu sur place à prix promotionnel par la librairie Coop-UQAM.

mardi 8 janvier 2013

Living the Revolution

À ne pas manquer, jeudi 17 janvier, à partir de 17h, à l'université McGill, pavillon Leacock, local 232, une conférence de Jennifer Guglielmo (Associate Professor of History, Smith College)  intitulée :


Voici un résumé de la conférence :

Jennifer Guglielmo (Associate Professor of History, Smith College), will discuss her recovery of the histories of activism of working-class Italian immigrant women anarchists in the United States as a window into the world of early twentieth-century transnational feminism. Emerging from a diasporic, multi-ethnic network of labor radicals, the women in this movement did not seek inclusion within the modern nation-state; nor did they rely on established trade unions or cross-class alliances. Instead, they created autonomous spaces for working-class and poor women to articulate their particular struggles and embody l'emancipazione della donna (women’s emancipation). Together, they asked a question that formed the heart of their politics: “Why does the pleasure of some have to create misery for many?”

Pour toute information veuillez contacter : Amanda.ricci@mail.mcgill.ca

vendredi 21 décembre 2012

Novembre veut ma peau

Les conférences Café-Jasette vous proposent, le vendredi 18 janvier 2013, à partir de 19h, au café La Petite Cuillère (3603 St-Denis, métro Sherbrooke) une rencontre avec Hélène Rompré, l'auteure du roman Novembre veut ma peau.


Novembre. Montréal est gris, froid, imprévisible. Un mois où l'on voudrait changer de vie.
Dans son univers bien rangé, Mathilde s’ennuie et attend un mari qui ne vient pas. L’amour qui ne s’annonce jamais, même si c’est injuste. C’est décidé, le temps file trop vite: elle épousera le premier candidat venu.
Carmen est également résolue. Fini les aventures sans lendemain. Persévérance, sobriété, vertu. La jeune femme ne dissipera plus sa jeunesse dans les pires clubs. Elle sourira même à son coloc en le croisant dans le corridor.

Programme de la soirée :

-Présentation de l'auteur et lecture d'extraits

-Micro ouvert, lectures thématiques sur l'amour, l'impact des saisons sur l'homme ou n'importe quel thème du roman.

-Le livre sera en vente sur place à prix promotionnel par la librairie Coop-UQAM.

lundi 5 novembre 2012

Et si le crime nous concernait tous?

Les conférences Café-Jasette vous proposent, dans le cadre de la semaine de la justice réparatrice, le mercredi 21 novembre, dès 19h, au café La Petite Cuillère, 3603 St-Denis, une conférence intitulée : "Et si le crime nous concernait tous? témoignage d'une victime et d'un ex-détenu".




Faire justice réparatrice, c'est voir et aborder les crimes et les conflits principalement comme des torts faits à des personnes et à des relations (extrait de la définition du Service correctionnel du Canada).
La justice réparatrice s’intéresse autant aux agresseurs pour les aider à une prise de conscience de l’impact de leurs actes sur des personnes et sur la société, qu’aux victimes pour les aider à se libérer des charges affectives destructives causées par l’acte criminel. Elle a un impact communautaire important en resserrant le tissu social par la responsabilisation et la compréhension mutuelle des parties.
Il s'agit donc d'une perspective différente de la justice pénale.
La justice pénale se définit comme une atteinte à l'État tandis que la justice réparatrice vise la restauration du lien social que le crime a brisé.
Pour en savoir plus : http://www.csjr.org/
La conférence sera animée par Fabien Torres,  Sylvie Vanasse et Daniel Benson.


L'entrée est libre et gratuite, les contributions sont volontaires pour soutenir cette association dans son travail. On fait passer le chapeau!

mardi 16 octobre 2012

L'innocence des musulmans, ou comment le Moyen Âge a fait les manchettes à votre insu

Les conférences Café-Jasette vous proposent le vendredi 26 octobre, dès 19h, une conférence intitulée : ""l'innocence des musulmans", ou comment le Moyen Âge a fait les manchettes à votre insu".




Bernard Ducharme va aborder pour Café-Jasette les origines médiévales du fondamentalisme chrétien derrière ce film.

Ainsi, du VIIe siècle au XVIIe siècle, de Jean Damascène à Pedro Aznar Cardona, en passant par Riccoldo de Montecroce et Martin Luther, les critiques formulées par les Chrétiens à l'encontre de l'Islam sont répétitives, presque monotones. Les méthodes pour connaître l'Islam se ressemble, les auteurs se citent les uns les autres, ils répètent les même demi-vérités, les mêmes fables, les mêmes insultes. Mais tout cela, c'est du passé, serait-on tenté de croire. Si c'est le cas, internet est une véritable machine à voyager dans le temps. Sur les forums de discussion religieuse, les débats renouent avec les argumentations qu'échangent chrétiens et musulmans depuis des siècles. Et sur YouTube, la bande-annonce d'un film que personne ne semble avoir jamais vu provoque scandales, émeutes, et morts. Nous allons présenter les ressemblances et les différences entre ce film et les traités anti-musulmans du Moyen Âge et de l'époque moderne, et poser la question: comment se fait-il que ces traités médiévaux, aujourd'hui oubliés, se soient retrouvés sur nos écrans?

Pour vous donner une idée des thèmes abordés lors de la conférence, voici l'entrevue téléphonique de Bernard Ducharme avec :  Radio-Canada.





La conférence sera donnée par Bernard Ducharme, doctorant en histoire à l'Université de Montréal. Après une demi-heure de présentation, Café-Jasette vous propose un temps de débat et questions autour du film et du reste!

L'entrée est libre et gratuite, les contributions sont volontaires pour remercier le conférencier de son travail. On fait passer le chapeau!

dimanche 14 octobre 2012

Briser la glace


Il y a t-il meilleur sujet de conversation que le sport?  Simple, neutre et populaire, aucune raison que ça se passe mal, non? Pour la dernière partie du dossier d'Espace Public consacré au sport, M.,  nous démontre tout l'intérêt du sport comme lubrifiant social.


Briser la Glace


True story…

J’ai un client assis à côté de moi, je décide de faire la conversation pour tisser des liens, faire du PR comme on dit.
-      Vous venez d’où?
-      De Québec
Je me rappelle alors qu’Andrée Boucher vient d’être élue mairesse de notre capitale nationale. Supposant que mon dégoût est universel, J’enchaîne :
-      Ah oui? Moi je ne comprends pas ce qui se passe dans votre coin de pays. Avec les radios poubelles et la mairesse Boucher, je me demande vraiment ce qui se passe avec les gens de Québec.
-      J’ai fait parti de l’équipe électorale de Mme Boucher quand elle est devenue mairesse de Sainte-Foy…
Malaise…
Première leçon de PR, ne jamais parler de politique avec un client, à moins de savoir ce qu’il va dire. Non, je n’ai pas perdu le client : en fait, il m’a admis qu’il trouvait que Mme Boucher avait dérapé depuis son premier mandat et qu’elle était devenue, somme toute, mégalomane. Je l’ai échappé belle!
            Reste que s’il peut sembler évident que ce genre d’intervention polémique est généralement mal venue dans les relations d’affaires, l’éventail des sujets abordables lors d’échanges rapides peut rapidement devenir lassant. La température?
– Il fait beau hen?
– Il va pleuvoir demain.
– Avez-vous profité du beau temps cette fin de semaine?

            Vraiment le meilleur moyen de donner l’impression à quelqu’un qu’on n’a pas vraiment envie de jaser. Quand à moi, c’est plutôt un outil repoussoir pour éviter que la conversation se développe. Quelque chose de plus personnel? Le travail? La famille?

-      Vous faites quoi dans la vie?
-      Ça va bien au travail?
-      Vous avez des enfants? Ils ont quel âge?
Ou le très simple
-      Comment va la vie?
Meilleur moyen pour que votre patron, qui est dans sa crise de la quarantaine, vous parle de la décapotable qu’il vient d’acheter. À moins de s’y connaître en voiture, difficile de porter le ballon.
            Alors, en toute autorité, je me propose de vous expliquer comment aborder quelqu’un que l’on ne connaît pas : il faut trouver un sujet de conversation susceptible de stimuler les passions de votre interlocuteur (et possiblement la vôtre), tout en évitant les polémiques embarrassantes. On évite donc :
-      Pour moi, les Amish, c’est des gens qui aiment trop l’Halloween.
-      Je m’excuse, mais les juifs d’Outremont, ils conduisent mal.
-      Les délinquants, maintenant, on les laisse partir avec une petite tape sur les doigts, en leur disant de pas recommencer… Moi je suis pour la peine de mort!
-      Vous vous êtes fait checker les seins récemment? Il paraît que vous avez l’âge où les tumeurs apparaissent.
(Je ne vous dirai pas lesquelles de ces conversations j’ai dû soutenir…)
            Pour éviter les situations embarrassantes, parce qu’on n’est jamais à l’abri d’un manque de jugement qui nous met dans l’embarras, je vous suggère plutôt de parler de sport professionnel… Eh oui! Que vous aimiez ou non, difficile de trouver plus efficace pour toucher la fibre émotionnelle de quelqu’un sans risquer de le froisser aussi facilement qu’en parlant des Canadiens de Montréal, des Red Sox de Boston ou des Cowboys de Dallas. Je dirais même plus, si vous faites du PR à l’étranger, vous devriez en apprendre sur les résultats des équipes professionnelles dans la ville où vous allez :
-      Qu’est-ce que vous pensez du lock-out?
-      Vous pensez que les Red Sox vont faire mieux la saison prochaine?
-      Vous saviez que Pedro Martinez était à Montréal avant?
Avec le sport, même les blagues, les polémiques et les taquineries passent bien :
-      Pis, Lance Armstrong, drogué?
-      Savez-vous ce qu’on a à Montréal que vous avez pas à Toronto? Des photos en couleur de la coupe…
-      Jacques Demers est sénateur.
Une fille m’a déjà avoué qu’elle abordait des gars en leur demandant :
-      Pas fort ces-temps-ci Kovalev? (oui, ça fait quelques années)
Et dire que la LNH s’apprête à nous enlever un des seuls sujets passionnels disponibles pour briser la glace avec nos concitoyens…

Mais attention! Il paraît que les amateurs de soccer se battent et, parfois, se tuent, alors ne me tenez pas responsable si vous appliquez mes conseils avec trop de zèle. Les Européens et les Sud-Américains, ils sont d’une autre culture…

M.

vendredi 12 octobre 2012

Sport et nation

Dans ce deuxième volet du dossier d'Espace Public consacré au sport, Guillaume Tremblay traite des liens entre sport et nation. Couple improbable ou alliés naturels?  Le sport, activité internationale, arrive-t-il vraiment à transcender la nation? ou la construit-elle?


Sport et nation




« En des temps si lointains qu'les franco s'appellaient Canadiens
À une époque où les pucks étaient faites de crottin
On a réuni des hommes dont le destin commun est comme un film sans fin
En Technicolor, et tricolore :
Bleu comme le St-Laurent
Blanc comme l'hiver
Rouge comme le sang qui nous coule à travers
Le corps de l'équipe c'est le coeur de la nation
Et chaque année, faut clore avec une célébration »

- Loco Locass, Le but

L’idée de lier, de traiter conjointement nation et sport est loin d’être nouvelle. Le sport souvent s’incarne comme symbole politique, comme espace identitaire, comme point de rencontre diplomatique. Qu’on pense à la Série du siècle en pleine Guerre froide, à la demi-finale olympique de water-polo opposant, en 1956, Hongrie et Union soviétique (le fameux « Bain de sang ») dans la foulée de l’insurrection de Budapest, à la « Guerre du football » entre le Salvador et le Honduras, ou encore, qu’on pense au mythe du Rocket chez les Québécois ou à la victoire de l’Afrique du Sud lors de la coupe du monde de rugby en 1995, les exemples de rapprochements divers entre sport et nation ne manquent pas. Mais pourquoi un tel rapprochement ? Après tout, le sport est éminemment international, au sens où on le retrouve partout à travers le monde, au sens où il n’est pas l’apanage d’une identité nationale unique; il est aussi éminemment transnational, principalement avec la commercialisation du sport où les impératifs de victoires entrainent la majorité des équipes à recruter les meilleurs joueurs possible, d’où qu’ils viennent. Pourquoi, alors, le couple sport et nation est-il si évident ?
            Notons d’emblée que cette adéquation s’effectue à trois niveaux : chez l’individu d’abord,  par projection de  lui-même sur les sportifs  représentant la nation ou par projection des valeurs associées à la nation sur les équipes ou leurs représentants ; ensuite, au niveau étatique/médiatique où le sport devient un vecteur de propagande patriotique et/ou commerciale en jouant sur les sentiments d’appartenance et le désir d’émulation ; et enfin, simplement, au niveau structurel alors que la pratique du sport elle-même est, aux plus hauts niveaux – donc aux niveaux les plus médiatisés – organisée en des termes nationaux : équipes nationales, compétitions internationales. C’est principalement sur le deuxième niveau que nous allons nous pencher.
            Le monde du sport repose sur un complexe de valeurs que l’on retrouve, à des degrés divers, d’une discipline à l’autre ou qui parfois sont le propre de disciplines spécifiques. Arjun Appadurai parle de « forme culturelle dure » pour expliquer cet ensemble de liens entre valeurs, sens et pratique qui est difficile à briser ou à transformer et qui est, selon l’anthropologue,  jusqu’à un certain point le propre de tout sport régit par une série de règles. Cette forme culturelle dure est présente dans ces espaces sportifs « qui en viennent à contenir les valeurs morales centrales de la société qui les a produits. »[1] De là, il n’y a qu’un pas pour dire qu’à bien des niveaux, sports et nations partagent de nombreuses valeurs ou, pris d’une autre manière, un appareil symbolique partagé. Et ce lien symbolique fait assurément le jeu des États.
En effet, avec le sport et sa (sur)médiatisation, on baigne assurément dans le monde du symbole, de la métonymie perpétuée match après match. Tous les intervenants du milieu du sport, consciemment ou inconsciemment construisent, maintiennent et reproduisent ce lien entre sport et nation. Ceci est particulièrement flagrant dans les organismes officiels comme Sport Canada (et ses équivalents ailleurs sur la planète) et dans le monde des médias qui raffole de ce « nation building » que sont les Olympiques, le Mondial de soccer ou même les séries de la Coupe Stanley où les équipes canadiennes méritent toujours plus d’attention. Et cette multiplication de liens symboliques, forcée ou non, renvoient à une certaine construction identitaire.
Traitant du cas spécifique du Canada et du hockey, Tony Patoine écrit :

On dira donc que le hockey contribue à la construction nationale à tous les niveaux. C’est-à-dire qu’il participe, en première ligne, à la création d’une identité canadienne, d’une unité canadienne et d’un imaginaire national canadien, donc qu’il est partie prenante de la mythologie et de l’idéologie canadienne.[2]

Cette relation est dialogique, chacune des deux parties renvoyant à l’autre. On peut constater cette relation en suivant une fois de plus l’exemple canadien. En 2004, CBC lance un concours/sondage à l’échelle du pays visant à déterminer le plus grand (au sens d’important ou de significatif) Canadien de tous les temps. Le concours intitulé The Greatest Canadian – réalisé sans la participation de Radio-Canada, réduisant donc de manière significative la voix francophone dans la représentation de la « canadienneté », et imposant par le fait même une certaine vision de la nation – compte parmi ses dix finalistes trois personnalités du monde du sport. Trois sur dix ! Passons outre le fait qu’aucune femme ne se retrouve parmi les finalistes, qui ne comptent d’ailleurs qu’un seul Québécois, P-E Trudeau de surcroît, il semble particulièrement significatif qu’un concours visant à déterminer la personne qui incarne de la façon la plus admirable les valeurs de la nation canadienne ait 30 % de « sportifs » parmi ses finalistes (Wayne Gretzky, Don Cherry et Terry Fox).           
            Il faut dire que dans le lien symbolique unissant sport et nation et qui sert la propagande étatique, il est commode de jouer sur la personnification. Soit, plus encore que l’idée de faire paraître l’athlète comme un modèle à suivre pour le peuple par les valeurs qu’il (soit-disant) incarne (détermination, abnégation, courage, discipline, etc.), l’idée que l’athlète (ou l’équipe) incarne directement les valeurs de la nation, qu’il symbolise la nation même. Encore une fois, on est dans la métonymie. Ce qui rejoint pleinement les propos de Georges Minois parlant des héros, de leur construction, « Le grand homme que l’on vénère n’est jamais l’homme tel qu’il a vécu, avec ses défauts, ses petitesses, ses banalités. Ce que l’on vénère, c’est son image, celle qu’il a forgée avec son entourage et que la société accepte… »[3] Sport et nation construisent l’image l’un de l’autre.

Guillaume Tremblay


[1] Arjun Appadurai, Modernity at Large. Cultural Dimensions of Globalization, University of Minnesota Press, Minneapolis, 1996, p. 90.
[2] Tony Patoine, « “On est Canayen ou ben on l’est pas”. Hockey, Nationalisme et identités au Québec et au Canada » dans Normand Baillargeon et Christian Boissinot, La vraie dureté du mental. Hockey et Philosophie, PUL, Québec, 2009, p. 15.
[3] Georges Minois, Le culte des grands hommes : des héros homériques au star system, Louis Audibert, Paris, 2005, p. 9.